— Votre confiance ne laisse pas de me toucher, mon ami, dit Poirot d’une voix émue. Comme vous le dites, le problème ne doit pas être très facile à résoudre. La nuit dernière… mais n’anticipons pas. Le fait est qu’il y a à peine une demi-heure, je songeais, avec appréhension, que nous allions passer de mortelles heures, bloqués par cette neige. Et voici que se présente une énigme des plus passionnantes…
— Alors, vous acceptez ?
— J’accepte. Vous me chargez de l’enquête ?
— Entièrement… et nous nous mettons à votre disposition.
— Tout d’abord, je désirerais un plan du wagon-lit Constantinople-Calais, avec les noms des voyageurs qui occupent les différents compartiments, leurs passeports et leurs billets de chemin de fer.
— Michel, veuillez aller chercher tout cela.
Le conducteur du wagon-lit quitta le compartiment.
— Quels sont les autres voyageurs du train ?
— Dans cette voiture, il n’y a que le docteur Constantine et moi. Dans la voiture de Bucarest, il y a un vieillard estropié d’une jambe et bien connu du conducteur. Après vient le fourgon à bagages qui ne nous intéresse pas puisque, une fois le dîner servi, hier soir, on l’a fermé à clef.
— Il semblerait donc que nous devrions chercher le meurtrier parmi les voyageurs de la voiture Constantinople-Calais. (Il se tourna vers le docteur.) C’est bien votre opinion ?
Le Grec acquiesça d’un signe de tête.
— Depuis minuit et demi, nous sommes bloqués par la neige amoncelée. À partir de ce moment-là, personne n’a pu quitter le train…
M. Bouc déclara solennellement :
« L’assassin est parmi nous… dans ce train même…»